Semaine d’action contre la mise en place des établissements pénitenciaires pour mineurs

lundi 12 mars 2007
par  DERCOURT ALAIN
popularité : 7%

Paris, le 11 Mars 2007


 

SEMAINE D’ACTION CONTRE LA MISE EN PLACE DES EPM

Notre
organisation syndicale est engagée depuis 2002 dans une campagne contre
l’enfermement des mineurs, pour combattre les mesures régressives et répressives
prises à leur égard. Les dernières en date sont contenues dans le projet de
loi de prévention de la délinquance qui attaque gravement la spécificité de
la justice des mineurs.


 

À l’orée de
la campagne présidentielle, le gouvernement veut absolument afficher la création
de nouvelles prisons pour mineurs (EPM). Cette mesure est contenue dans la loi
Perben I et les premiers murs de ces prisons commencent à sortir de terre. Pour
le gouvernement actuel, il s’agit d’une mesure phare qu’il présente comme
un progrès dans l’amélioration des conditions de détention des mineurs.
Nous pensons qu’il s’agit d’un alibi pour mettre en place une politique
qui considère la détention des mineurs comme un moyen essentiel à leur réinsertion.
C’est donc une rupture très grave dans le fait de considérer l’incarcération
des mineurs comme devant rester exceptionnelle. Ces nouvelles prisons créent
des places de détention supplémentaires et leur coût exorbitant est pris sur
les moyens qui devraient être destinés au développement des services
existants de
la PJJ

chargés de mettre en place les solutions éducatives.


 

Notre
organisation syndicale a décidé au moment de l’ouverture annoncée des
premiers EPM d’organiser une mobilisation pour alerter l’opinion et les médias
dans le cadre de deux journées d’action les 22 et 24 MARS prochains qui
comprendront des conférences débats et des actions sur les sites
d’implantation.


 

Les temps forts
en seront :

- 
le Jeudi 22 Mars des conférences débats en fin de journée
dans tous les départements avec invitation de la presse locale ;

- 
le Samedi 24
Mars
où nous projetons sur chaque site d’implantation une action à
caractère ludique (invitation d’orchestre, fanfares...) et/ou spectaculaire
(démontage symbolique des premiers murs...).


 

Nous souhaitons
que
la FSU

prenne toute sa place dans cette semaine d’action et que chaque SD puisse
s’associer aux actions organisées. Pour toute information, prenez contact avec
les représentants SNPES-PJJ dans les départements.


 
 

POURQUOI
NOUS NOUS OPPOSONS AUX ETABLISSEMENTS PENITENTIAIRES POUR MINEURS.


 Contre les Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs, osons l’éducation à la liberté !


 

La loi du 9
septembre 2002, dite loi Perben
1, a

prévu la construction de prisons spécifiques pour les mineurs. Cette
disposition fait partie d’un ensemble de mesures qui, avec celles contenues
dans la loi Perben 2, durcissent considérablement la justice des mineurs en créant
de nouvelles peines et en réinstaurant les Centres Fermés. Plus récemment, la
loi de prévention de la délinquance a introduit une nouvelle réforme de
l’ordonnance de 45 qui franchit un pas supplémentaire dans le rapprochement
de la justice des mineurs de celle des majeurs. Les Etablissements Pénitentiaires
pour Mineurs (EPM) s’inscrivent dans cette avalanche de lois sécuritaires qui
mettent en place un contrôle accru et une mise à l’écart des populations
les plus fragilisées par la crise sociale et devenues les nouvelles classes
dangereuses.

Dans ce
contexte, les jeunes en difficulté qui commettent des délits sont particulièrement
stigmatisés depuis plusieurs années et rendus responsables de l’insécurité.
C’est pourquoi, en pleine campagne électorale, le gouvernement décide de dévoiler
son programme de construction des EPM pour utiliser une fois de plus la question
de la délinquance juvénile comme argument électoral.


 

Les
EPM : un véritable hold-up de moyens
.

 

Les 7 EPM prévus
devraient coûter pour leur seule construction 90 millions d’euros et une
quarantaine de personnels de <st1:PersonName
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la Protection Judiciaire
de
la Jeunesse

seront « mis à disposition » de l’administration pénitentiaire.

Dans le même
temps, en l’espace de deux ans, une dizaine de foyers éducatifs ont été
fermés à
la PJJ

, d’autres fermetures sont en prévision et les listes d’attente sont
monnaie courante dans les services de milieu ouvert.

La
construction d’un seul EPM équivaudrait à :

- 
6 foyers éducatifs de 10 places.

- 
8 services d’insertion professionnelle, soit 250 mineurs pris en
charge.

- 
10 services de milieu ouvert, soit 1500 jeunes suivis.

Ce sont là
des modalités de prise en charge qui ont fait la preuve de leur efficacité
mais le gouvernement, en même temps qu’il proclame que l’incarcération
doit être le dernier recours, prive les structures de prévention et d’éducation
de moyens indispensables.

Si la prison
est nocive, alors, il faut faire d’autres choix pour développer la protection
de l’enfance, la prévention dans les quartiers en difficulté, l’éducation
nationale.

Les 7 EPM vont
créer 120 places de détention ; elles s’ajouteront aux places des
quartiers mineurs conservés, ce qui au regard du taux moyen d’incarcération
ne correspond pas à un besoin mais les EPM, prisons « modernes » et
« humanisées par » une forte présence éducative, seront un appel
d’air pour plus d’incarcération.

Ainsi
l’offre risque fort de créer le besoin car l’ampleur du programme EPM est
bien liée au projet d’augmentation de l’incarcération des mineurs. C’est
d’ailleurs le sens des propos répétitifs du ministre de l’intérieur sur
la nécessité d’une sévérité accrue vis-à-vis de ceux-ci et d’un
traitement équivalent à celui des majeurs.


 

Les EPM : une imposture !


 

Pourtant, la
visée répressive des EPM est maquillée par un certain nombre d’alibis et
sert de prétexte à diffuser des idées fausses.

Pour
promouvoir ces établissements, le gouvernement et le ministre de la justice
font croire à l’opinion publique que, jusqu’alors, les mineurs n’étaient
pas séparés des majeurs alors que les quartiers pour mineurs existent dans
toutes les maisons d’arrêt. Seules les jeunes filles sont actuellement incarcérées
avec les femmes adultes. On peut difficilement croire que 7 prisons seront
construites pour les quelques jeunes filles incarcérées, d’autant que leur
sort n’a jamais véritablement intéressé les politiques. De même, si
l’objectif réel avait été l’amélioration des conditions de détention, dénoncées
depuis de nombreuses années par les professionnels et les associations,
pourquoi ne pas avoir octroyé autant de moyens pour l’amélioration des
quartiers mineurs existants, tant sur le plan humain que matériel ?

La
réponse nous est fournie par le ministre de la justice lorsqu’il définit ces
prisons comme des murs entourant une salle de classe ! Il s’agit là
d’une véritable banalisation de l’incarcération.
Avec cette
conception, d’exeptionnelle, la prison devient une structure comme une autre
pour éduquer et réinsérer les jeunes et aujourd’hui, elle se retrouve dans
toutes les mesures prises ces dernières années : des CEF aux EPM, en
passant par les mesures de contrôle en augmentation constante, l’enfermement
et la contrainte deviennent des leviers et des conditions nécessaires pour réussir
l’éducation.


 

Nous affirmons
qu’une prison, même améliorée reste une prison et qu’à ce titre, elle a
des effets désocialisants sur les adultes en construction que sont les
adolescents. Ceux-ci, pour se construire, ont besoin d’être accompagnés dans
la vie réelle et d’apprendre la liberté.

Nous affirmons
qu’une prison, même améliorée a des effets destructurants sur des
adolescents qui, privés de perspectives d’avenir et de statut social vont, au
pire s’identifier au statut de « taulard », au mieux épouser l’étiquette
de délinquant.

Nous rappelons
que la gravité de certains actes délinquants ou leur répétition peuvent
aussi être une caractéristique des passages à l’acte fréquents à
l’adolescence et que cela devrait inviter encore plus à la réflexion et à
écarter les réponses immédiates et automatiques.

Quand
d’exceptionnelle, la prison devient un mode courant de prise en charge des
adolescents difficiles, que l’enfermement est conçu comme le levier pour
imposer par la force une conformité, que la menace de la prison remplace la
relation éducative de confiance et de respect qui légitime la position
d’autorité des adultes, qu’il s’y substitue la contrainte corporelle,
comme moyen d’imposer cette autorité, alors il n’y plus de réinsertion
possible des jeunes délinquants.


 


 

Face
à la radicalité violente de la mise à l’écart des jeunes en difficulté
qui commettent des délits et aux réponses au coup par coup, il nous faut réaffirmer
une autre option, celle de l’action éducative dans un espace ouvert, la seule
qui donne une chance à ces adolescents de se construire 
dans un rapport apaisé avec les autres et eux-mêmes


 

L’éducation
est un risque et une ambition, elle ne se réduit pas, à de « l’éducatif »
conçu comme des recettes médiatiques ou comportementalismes.

Le projet de
construction de 7 prisons pour mineurs est un projet répressif avec un
habillage éducatif. S’il satisfait la demande de réponses immédiatement
visibles et s’il correspond à l’idéologie de la « tolérance zéro »,
il est un renoncement coûteux au devoir d’éducation qu’une société doit
assumer à l’égard de la jeunesse la plus en difficulté.


Contact

Section Départementale du Pas de Calais de la Fédération Syndicale Unitaire
FSU 62


Maison des sociétés

16 rue Aristide Briand

62 000 Arras


Tél-Fax : 03.21.71.14.89
Mél : fsu62@fsu.fr

Secrétaire départementale : Catherine Piecuch

contact presse FSU 62 : 06.63.10.79.13
mél : fsu62@fsu.fr ou fsu62@wanadoo.fr

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