RETRAITES : VERS UN NOUVEAU SEISME ?

mercredi 8 mars 2006
par  DERCOURT ALAIN
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Deux ans après la loi Fillon sur les retraites va-t-on vers de nouvelles mises en cause ?
La question mérite d’être posée tant les signes se multiplient.

- Premier temps l’OCDE préconise l’abandon de tout âge légal de départ à la retraite. Cet objectif, couplé avec une diminution importante du niveau des retraités, permet des pressions sur les salariés pour les maintenir dans l’emploi - dans des situations de plus en plus précaires - jusqu’à 67 voire 70 ans. Pour les dirigeants y-t-il une limite ?
Dans la foulée, l’Allemagne et l’Angleterre décident que les salariés devront travailler jusqu’à 67 ans.
En Espagne le gouvernement ouvre le débat sur les moyens d’inciter le maintien dans l’emploi jusqu’à 70 ans !
En Belgique où le système mis en place à la fin de la guerre n’avait pas évolué, le gouvernement contre l’avis des partenaires sociaux, malgré deux grèves générales réussies, des milliers de manifestants a décidé de passer en force.

Et dans notre pays !
Fillon et le gouvernement avaient tenté de faire passer la pilule des régressions en assurant que grâce à leur réforme, le régime des retraites serait équilibré et la retraite par répartition garantie. C’est toujours le discours officiel mais le moins que l’on puisse dire c’est que tout est utilisé pour préparer le terrain à de nouvelles remises en cause. Comme par hasard, les médias ne retiennent d’une étude du COR que l’hypothèse de déficit de 0,8 point de PIB à l’horizon 2020. Un colloque se tient pour tenter de convaincre que les avantages familiaux et conjugaux seraient un « luxe » que le pays ne pourrait plus se permettre. Le MEDEF jamais en retard pour mettre en pièce les avantages sociaux mène campagne pour abandonner les 60 ans comme âge légal pour l’ouverture des droits à la retraite. Certains « experts » proposent de renforcer les pourcentages de décote...
Bref une campagne sur d’autres thèmes mais semblable sur le fond à celle qui avait précédé l’année 2003.

Ces campagnes ne sont pas innocentes.

Par exemple, rien ne filtre dans les médias sur la partie de cette même étude du COR qui met l’accent sur la paupérisation engagée des retraités et personnes âgées. Rien n’est dit sur l’effet dévastateur de la décote, des situations de précarisation du travail sur le niveau des pensions... Le COR met en avant l’élément déterminant de la situation économique ( croissance, retour au plein emploi...) les régimes de retraite pourraient ainsi être équilibrés en 2020 avec un taux de chômage de 4,5% et une croissance moyenne de 1,8%. Mais seuls les scénarios catastrophes font l’objet de toutes les attentions des médias et de beaucoup d’hommes politiques. Les forces libérales semblent engagées dans une spirale infernale pour détruire, déconstruire au plus vite les garanties sociales, les solidarités intergénérationnelles et interprofessionnelles qui avaient permis de diminuer la pauvreté des personnes âgées.
Le choix de la période n’est pas innocent lui non plus. La réforme Fillon prévoyait un rendez-vous en 2008 pour faire le point sur les retraités. Nous entrons dans une période électorale où les choix de société peuvent être posés en grand par les forces sociales et syndicales. Les forces libérales escomptent placer le mouvement social sur la défensive. En laissant croire que seul le pire est possible. Ils veulent éviter les débats sur les choix réels en faveur du social (pouvoir d’achat, combattre les inégalités, la précarité, ...) et la question de l’abrogation de la réforme de 2 003 pour reconstruire un système de retraites fondé sur la solidarité et la justice sociale. Car si des sacrifices ont été imposés à tous les salariés, la bourse flambe, des entreprises sont capables de stériliser des millions d’euros pour acheter un concurrent, détruire des capacités de production. Le patronat suivi par le gouvernement néglige l’investissement à long terme, sacrifie la recherche, élargit la précarisation des salariés. De plus en plus la richesse produite va vers les profits au détriment du social.

L’échec de 2003 est encore dans beaucoup de têtes.

Une bataille de conviction, de rassemblement est à mener. La FSU doit être à l’initiative de rencontres, de débats pour favoriser, préparer les convergences public/privé qui ont tant fait défaut contre la réforme Fillon.
Unifier le mouvement social au niveau européen serait un atout possible tant les remises en cause sont de nature identique. Il n’est pas anodin que les fonctionnaires anglais aient réussi à mettre en échec l’allongement de leur temps de travail.
En Allemagne après les sanctions électorales pour Schroeder le mouvement syndical s’interroge sur l’action.
Il faut avoir la franchise de reconnaître qu’inverser les choix actuels, obtenir l’abrogation de la réforme Fillon, en clair remettre en cause les choix libéraux qui nous sont imposés depuis des années sera difficile...

L’action syndicale doit ouvrir de nouveaux espoirs, peser sur les choix, être exigeante sur les réponses à apporter à la situation. Rien n’est irréversible. Seules les batailles qui ne sont pas menées sont perdues à coup sûr.


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