Les marcheurs sans-papiers du Nord ont fait une halte à l’hôtel de ville,de Valenciennes samedi 13 juin

lundi 15 juin 2009
par  DERCOURT ALAIN
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La municipalité de Valenciennes leur a offert de quoi se restaurer après une dizaine de kilomètres de marche.

RÉGULARISATION

Vingt-trois marcheurs sans papiers, tous résidants de la métropole lilloise, étaient à Valenciennes, hier après-midi. Ils ont été accueillis par des membres du collectif des sans-papiers de Valenciennes et reçus à l’hôtel de ville de Valenciennes par trois adjointes et un conseiller municipal d’opposition.

Mohammed Reda est porte-parole des marcheurs. Sans papier, il l’est depuis qu’il est arrivé en France le 24 septembre 2006 pour rejoindre ses parents installés ici depuis 2003, « ils ont été régularisés lors d’une grève de la faim en 2004 ». Il avait alors un visa. Ce dernier ayant expiré, il est resté dans l’espoir de s’installer dans son pays de cœur.
Depuis 2006, il multiplie les demandes de régularisation. En vain. Il s’est donné les moyens : cours de français, bénévolat et tentatives pour décrocher un travail. Mais sans papiers, difficile de trouver un travail. En Algérie, Mohammed Reda était électricien. En France, il aimerait se former pour « travailler dans les ascenseurs. Mes parents vivent dans un HLM de douze étages et les ascenseurs sont souvent en panne ». Pour s’en sortir, se nourrir et se loger, il multiplie les petits travaux au noir. Ce jeune Oranais a décidé de participer à la marche « parce que je ne voulais pas me cacher comme un rat. Je veux montrer que j’existe et que je veux m’en sortir. » Il sort de sa poche la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et donne lecture de l’article 13 ;

Gaby Mohammed, 34 ans, est l’autre porte-parole des marcheurs. Originaire de Guinée, il vit à Lille depuis 2005. « Je suis arrivé en passant par le Maroc et l’Espagne sans visa », raconte-t-il. Pourquoi avoir choisi la France ? « Parce que mon pays a été colonisé par la France et que je parle la langue. » Lui aussi refuse la clandestinité : « Je veux qu’on soit vus par l’État et considérés comme des êtres humains. »
Solidaires Les marcheurs sont partis lundi de Neuf-Mesnil. Ils vont rallier Lille le 20 juin après moult étapes.

Avant de s’engager dans cette aventure, ils ont organisé un repas solidaire. Ils ont récolté 1 000 E. Cette somme, ils sont venus l’offrir à Daniel Leferme, maire de Neuf-Mesnil, montrant ainsi leur solidarité avec les sinistrés de la tornade du val de Sambre. Montrant aussi qu’ils sont capables de faire des choses bien. L’an dernier, une marche identique avait emmené vingt-sept sans-papiers de Lille à Paris.
Quelques-uns ont été régularisés depuis. D’autres attendent encore. Les marcheurs ont été reçus hier à l’hôtel de ville par Claudie Flipo, Geneviève Adam et Geneviève Mannarino, adjointes. Jean-Claude Dulieu, conseiller municipal d’opposition et président du MRAP, en était aussi.

Les élus leur ont offert de quoi se remettre de leurs efforts. Claudie Flipo les a assurés du soutien de la municipalité de Valenciennes, qui « relaiera votre message ». Ce matin, les sans-papiers participeront à la manifestation unitaire, place d’Armes, avant de marcher en direction d’Aniche, ville étape sur la route de Lille. • VÉRONIQUE BERTIN


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