Après la saignée des associations et mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, l’annonce d’un haut commissariat à la jeunesse laisse pantois

jeudi 15 janvier 2009
par  DERCOURT ALAIN
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Communiqué de presse du syndicat EPA-FSU, syndicat unitaire de
l’éducation populaire de l’action socioculturelle et sportive. Syndicat inter catégoriel (jeunesse et sports et associations) EPA-FSU syndique les conseillers d’éducation populaire et de jeunesse de l’ex ministère « Jeunesse et Sport »

« HAUT COMMISSARIAT À LA JEUNESSE »

Sans concertation, dans une précipitation qui n’est pas sans rappeler des pratiques d’ancien régime, le président de la République vient d’annoncer l’installation d’un haut commissariat à la jeunesse.

Cinquante ans après, Martin Hirsh renoue avec la charge de Maurice Herzog.

Le fait n’est pas nouveau. Quand les jeunes sortent dans la rue et par leurs contestations, obligent le gouvernement à réorienter sa politique, une tentation apparaît cycliquement : on accouche d’une structure supposée apporter un remède sous un nouvel emballage.

Dans un contexte social tendu, alors que le gouvernement saigne les associations et mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, qu’il liquide les établissements publics de la jeunesse et des sports, dont l’institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, l’annonce d’un haut commissariat à la jeunesse laisse pantois. Cette annonce correspond à un pas de plus dans le démantèlement de l’ex ministère « jeunesse et sports » dont une part d’effectifs va ainsi être transférée dans une sphère ministérielle encore plus petite, créée médiatiquement pour la circonstance.

Alors que l’actuelle direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative intègre bien ces trois dimensions, on la segmente à nouveau, opérant ainsi une dilution supplémentaire dans un secteur en suppression constante d’emplois et de moyens d’Etat depuis 2002. En recentrant sa mission sur LA jeunesse (alors qu’il y a des jeunes d’origines sociales diverses), en taisant tout référence à l’éducation populaire, en oubliant en chemin la vie associative, on détruit une cohérence qui s’était construite au sein d’un ministère « jeunesse et sports ».

En ces temps de révision générale des politiques publiques qui arase les services de l’Etat au prétexte de les restructurer, c’est bien à une manœuvre supplémentaire de ce type que nous assistons aujourd’hui, avec cette atomisation supplémentaire d’un bout de ministère.

À celles et ceux qui pourraient penser qu’en toute chose « malheur est bon », nous rappellerons quelques tendances lourdes vérifiées ces derniers temps : fichage des enfants à l’Ecole, démantèlement des RASED et plus généralement « privatisations » du marché des difficultés scolaires, interventions de police dans les collèges et lycées, retours aux prisons pour mineurs et tentatives d’abaisser l’âge de leur enfermement, asphyxie des associations et dégradation de la qualité de leur salariat… La liste est longue de mesures qui, régulièrement, viennent se mettre en contradiction avec les politiques publiques dites de cohésion sociale où le sécuritaire vient percuter la réparation pour pacifier, principalement les « quartiers ».

La restauration de ce haut commissariat à la jeunesse rejoint les logiques de « publics cibles » qui segmentent les politiques publiques à coup de focales conjoncturelles.


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